Les beaux jours

Joli film de Marion Vernoux.

J’avais peut-être même fait un article sur ce film quand je l’avais vu au cinéma.

Laurent Laffite en jeune amant séducteur et séduit est formidable. Il est capable de déclarations magnifiques, sensibles en gardant de la pudeur et un abord un peu abrupt.

Je l’avais adoré.

Patrick Chesnais, émouvant digne et juste.

Et Fanny Ardant, solaire (trop facile de dire Fanny Ardant, Ardante).

Le film est baigné de belles lumières, de bords de mer réjouissants.

Les cheveux ne restent jamais bien longtemps en place, bousculés par le vent ou par l’amour.

Tous les personnages principaux irradient d’amour.

L’amour est partout.

Même le spectateur tombe amoureux.

Revoir ce film à la télé m’a fait un immense plaisir.

Mieux : un bien fou.

Baskets

Pendant longtemps on a voulu faire croire que les baskets ne rimaient pas avec féminité. Et que ce n’étaient pas des chaussures dignes de ce titre (tout comme les ballerines).

Et j’y ai cru.

J’ai porté des années et des années des chaussures incroyables, avec des talons de toutes sortes. Elles devaient être des quasi sculptures uniques et inoubliables.

Uniques, elles l’étaient peut-être.

Inoubliables, elles l’étaient sûrement toute la journée, tant elles pouvaient faire mal.

Et puis, à force d’avoir mal,

de voir des baskets sur d’autres, dans les boutiques et d’entendre que c’était à la mode, j’ai tenté l’expérience.

Sans regrets

Ne plus avoir mal est si reposant.

Et je n’ai pas l’impression de nuire à ma féminité. Au contraire, cette absence de douleur lui permet de s’exprimer.

Ce soir, on ne le voit pas bien mais la fille de mon dessin porte des baskets.

Moins une.

J’avais prévu de déchirer et jeter ce dessin.

Et puis ma fille m’a demandé :

– Tu en fais quoi?

– Tu le veux?

– Oui il me plaît bien.

C’était moins une.

Et voilà comment et pourquoi je partage un dessin que j’allais jeter.

Bonsoir, bonsoir,

« Bonsoir, bonsoir » dit elle un peu gênée de son retard.

Elle posa ses affaires négligemment.

Partit se servir un verre d’eau.

But avec un soupir.

S’essuya le front avec la paume de sa main pour se trouver une contenance et lisser les soucis.

Elle faisait trop de gestes, comme pour occuper soudain l’espace.

Comme pour occuper l’esprit de gestes et pas de questions.

Comme si la vie se glissait dans ses membres, dans ses artères, dans ses veines et ordonnait ses mouvements.

Fusain

J’ai recommencé à dessiner il y a quelques années (pas loin de 8/9 ans) avec du fusain.

J’ai voulu ce soir voir où j’en était avec ce médium.

Comment allais je m’y prendre? Mon dessin de ce soir allait il être comme ceux d’avant?

J’étais curieuse et prête à me laisser porter, voir où mes envies allaient me mener.

Et le dessin de ce soir est à la fois proche et différent des dessins au fusain d’avant.

Comme on retrouve les traits de l’enfant d’avant sous les traits d’une personne âgée.

Rainbow Warrior

Je suis allée faire un footing ce matin.

Pas loin de chez moi, dans un petit bois qui fait le tour d’une colline il y a un parcours de 5km.

Tout le monde connaît ce coin pour courir ou se promener.

On y croise toujours du monde et en en tant que joggueuse amatrice je me sens en sécurité.

Ce matin vers 11h, le parking des voitures des coureurs et des promeneurs était bondé.

Le parcours est varié avec des montées et des descentes plus ou moins brutes tout le long.

J’avais décidé d’en faire 2 tours.

J’y suis arrivée la dernière fois et la fois d’avant.

Ok, je suis moins en forme cette semaine mais avec un brin de volonté…..

Hé ben…..

Il m’en a fallu de la volonté. Mes pieds pesaient une tonne, je le sentais lourde, lente, un peu ridicule.

Et le bruit de ma respiration difficile n’arrangeait rien.

Mais j’ai réussi!

Et à 12h20 quand j’ai terminé, il n’y avait plus que 2 voitures, dont la mienne, sur le parking.

I am a warrior de l’inutile à petite échelle.

Rouge

J’ai commencé par peindre un fond jaune pour donner de la lumière au dessin.

Puis j’ai voulu l’assombrir un peu avec une touche d’encre, car la vie nous rappelle souvent sa gravité.

Et le noir a mangé le jaune. Presque tout le jaune.

Alors j’ai protégé la danseuse d’une sorte de manteau de plumes ou de (fausse) fourrure rouge.

Et au lieu d’être protégée, elle semble piquée par des pointes rouges.

Je la laisse en costume blanc.

J’aime bien aussi le blanc.

Et elle apparaît comme une fleur blanche fragile.

Elle est menacée mais sa vitalité rayonne.

Couleur café.

Dans le marc de café, on lit l’avenir, dit-on.

Mais pour avoir du marc de café, il faut faire du café traditionnel, par exemple avec ces cafetières à piston.

Cela est devenu rare.

Avec les cafetières à capsules de maintenant, le café reste muet.

Heureusement, il reste bon à boire. Son arôme titille les narines et réveille le matin.

Après, même si on ne lit plus l’avenir au fond des tasses, on peut imaginer plein d’histoires.

Peu importe la tasse, pourvu qu’on ait de la caféine.

Bonsoir tristesse

La mélancolie de ces derniers jours continue de se glisser sous mes ongles, sous mes seins, dans mes cheveux, le long de mon dos et dans la paume de mes mains.

Je crois la tenir éloignée, elle viens se faufiler près de moi et me rappeler qu’elle sera toujours là, toujours fidèle.

Elle me rassure aussi. Je ne sais pas pourquoi. Peut-être pas ce que je la connais bien, qu’elle m’est familière.

Elle est juste parfois plus proche ou plus éloignée.

Elle ne m’empêche pas de bouillonner, d’aimer vivre. Elle rajoute juste une part de gravité, de vérité et de lucidité dans ma vie.

La paix viendra plus tard.

Mélancolie.

Je suis profondément mélancolique.

J’ai des atomes de mélancolie accrochés à mon ADN.

Cela donne parfois une légère mélancolie douce, parfois un spleen passager et d’autres fois de sombres pensées.

En vieillissant, les sombres pensées sont devenues plus rares et l’humeur plus égale.

Il n’empêche, je replonge parfois dans cet état à la fois proche et éloigné de la tristesse.

Le retour de la mélancolie n’est jamais bien loin. Elle est juste tapie dans un coin, prête à ressurgir.

Bien sûr, ce soir c’est le cas.

Alors, je dessine.

Une femme pensive.

Une femme, mélange de sylvidre et de jeune fille en fleur.

Avec de belles marguerites devant elle.

Sa douceur (presque molle) m’apaise.

Je l’aime un peu, beaucoup…..

Facilité.

On peut avoir envie de se laisser aller à la facilité.

Ce soir, c’est mon cas.

Grosse journée.

Des propos entendus lors de réunions qui m’ont un peu plombé le moral.

De longs échanges téléphoniques.

Alors ce soir, pas d’efforts.

La facilité.

Ronron

Mon chat est pelotonné contre mon épaule et son ronron me berce.

Je n’ose pas bouger un bras.

Mes paupières sont très très très lourdes et j’aimerais bien éteindre et dormir enfin.

Ah! Il bouge.

Ah, ben, c’est juste pour se caler un peu mieux.

Soit. Je vais patienter un peu.

Étendre un bras (celui qui reste libre) pour essayer d’attraper un bouquin (sérotonine de Houllebecq en poche).

Il est trop loin.

Tirer sur le drap pour le rapprocher.

Retendre le bras.

C’est bon, je l’attrape du bout des doigts.

Encore un effort. Je l’ai en pleine main.

Je l’ouvre et commence à lire.

Dès cet instant mon chat se lève et décide de voir ailleurs dans l’appartement si j’y suis (il est un peu bête des fois)..

Je vais pouvoir éteindre et dormir.