Empreinte

Quelle journée ce samedi de la Saint Martin!

Toutes les années, à Voiron, se tient une immense foire commerciale et populaire, la Saint Matin.

Les magasins font des ristournes, les cafés mettent la musique forte, les forains vendent toutes sortes de choses et les rues sont pleines de monde.

On peut même voir des chèvres et des lapins!

En fait, je n’ai fait que traverser une partie de la foire sans m’arrêter. Je suis allée directement chez mon amie Claude. Notre temps était compté. Juste quelques heures pour réaliser des linogravures. Et pour ma part, apprendre la technique.

Je suis arrivée en début d’après-midi sans la connaître. Je n’avais qu’une vague idée du principe de la gravure.

Le salon de Claude et de Tadzio, son compagnon, est un atelier d’artistes (tout le monde est artiste chez Claude). Des tableaux, des gravures, des dessins tous très divers entourent la pièce en hauteur. Comme une couronne.

Des livres sur les murs.

Et des tables immenses.

Aujourd’hui séchaient sur une partie des feuilles de papier au torchon. Tadzio tente de faire du papier recyclé.

Claude m’accueille, toute fine, toute douce au cœur d’une vie si dense et pas toujours si évidente.

Une femme forte sous des dehors de petite fille timide.

On débarrasse la table pour avoir la place de travailler.

Claude me donne un bout de lino de 21 cm de large.

Il ne me reste plus qu’à graver.

Yapuka.

Gouge de 1, gouge de 2 ou de 3 en main, je tente de comprendre comment reproduire un de mes anciens dessins.

Un portrait féminin.

Je le reproduis sur le lino. Creuser avec les gouges ce qui sera blanc. Penser en négatif. Ne pas penser trait. Penser creux et volume.

Le travail commence pour de bon. Creuser, creuser, rendre les courbes.

En papotant.

C’est physique comme activité : je sens mon bras et ma main forcer un peu.

En bruit de fond remonte la rumeur de la rue.

Le temps passe vite.

Claude imprime un yéti qu’elle avait retravaillé. Elle trouve qu’il est pas terrible. Tadzio acquiesce.

Je cherche ce qui ne va pas sur ce yéti. Moi je l’aime bien.

Je poursuis ma gravure.

Pas facile d’être précise.

Il fait presque nuit et j’estime avoir fait le plus gros.

Claude m’indique comment procéder. Je m’applique. Je me sens maladroite.

Je teinte la planche en rouge. Je pose la feuille. Je presse…. J’ai peur de ce que cela peut donner.

Je décolle la feuille en riant, toute excitée (une vraie gamine). C’est l’état 1, avec plein de défauts mais il me plaît. Et ce qui m’amuse le plus : elle a les mêmes rides que moi.

J’en fait 2 autres après avoir un peu modifié le lino.

Il est déjà tard et je crains de louper mon train.

Je pars comme une voleuse.

Dans le train du retour, je suis vidée et heureuse d’avoir passé ce temps ici.

Quel week-end!!!!

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Renouvellement

Déjà que j’ai du mal à renouveler mes thèmes, voilà que j’ai même du mal à renouveler mes dessins!

J’ai repris un dessin de l’autre jour.

Mais j’avais bien dit qu’elle n’était pas finie!

Ce soir, après avoir un peu épaissi le trait noir, je l’ai souligné au feutre clair et épais.

On ne peut toujours pas vraiment la considérer comme finie : on voit tous les traits de construction et elle n’a pas considérablement changé.

Mais elle n’est quand même plus tout à fait la même. Elle a pris un peu de relief!

Mais j’avoue : j’aime être paresseuse.

Le chignon.

Elle est apparue ce soir, les cheveux relevés, attachés en chignon.

C’est ringard et démodé les chignons.

Cela peut aussi parfois être gracieux et élégant car c’est aussi une coiffure de danseuse, qui révèle le cou et la nuque.

Le sien est fin et elle nous regarde du coin de l’œil, malicieuse.

Poupées.

Mes enfants sont chez des amis ce soir. Mon chat me tient donc compagnie.

Il se tient à distance. Puis à un moment, il vient sur mes genoux ou mon ventre se laisse caresser, cale sa tête sur mon épaule, puis repart fièrement.

Souvent, il vient quand je dessine et prend un malin plaisir à regarder ce que je fais, voire il me donne des coups de tête lorsque je trace un trait.

Heureusement, je le connais bien et j’attends le bon moment pour le faire.

Il me laisse gribouiller ce soir. Au stylo. Peut être considère t’il que ce n’est pas assez difficile le stylo.

C’est plus rigolo quand j’utilise de l’encre.

Je ne réfléchis pas. Je trace quelques traits. Je m’arrête. J’imagine comment poursuivre le dessin.

Ce soir ce sont deux femmes enfants que j’ai griffonnées. Une blonde en nuisette et une douceur bouclée aux yeux immenses.

Secrets d’histoire

Je suis sur mon canapé.

Comme cela peut m’arriver parfois, allongée sur ma méridienne, je griffonne en écoutant la télé et y jetant de temps en temps un coup d’œil sur l’écran.

J’oublierais presque qu’une télé, c’est un peu comme une radio mais avec des images qui bougent en plus.

Il est question de rois et de révolutions dans le secret d’histoire de ce soir. Les enfants pourtant en congés, ont vite capitulé et souhaité se coucher rapidement, me laissant seule (avec Happy mon chat) au salon.

Avec mon feutre, sur mon petit carnet, 3 dessins apparaissent.

3 femmes différentes, sages ou audacieuses, gracieuses et natures, posées ou en mouvement.

Et demain c’est aujourd’hui

Alors, hier, je n’ai pas souhaité partager mes dessins du jour.

Ce soir, j’ai pris mes pinceaux et ma bouteille d’encre.

J’ai commencé à tracer des yeux sur le carton de mon carnet à dessins.

Puis un trait a dérapé puis un autre.

J’ai essayé de reprendre ces erreurs. En pure peine.

J’ai tout noirci et j’en ai fait la chevelure d’une garçonne. Un profil.

J’aime son expression.

Ce soir est donc un autre jour. Oui demain était bien aujourd’hui.

C’est clair, non?

Demain.

Demain, je pense que je ferai de plus chouettes dessins.

Ce soir, ils ne me déplaisent pas mais ils ne m’emballent pas non plus.

Alors pour faire patienter, je publie (« je publie » c’est tellement plus joli à dire que « je post ») une retrouvaille.

Une vieille amie en aquarelle sépia qui était restée cachée et que je croyais perdue à tout jamais.