La fantôme.

J’ai l’impression parfois que je passe dans la vie comme un fantôme.

Je suis ici et ailleurs à la fois.

Je côtoie des gens adorables qui rient qui ont des soucis qui vivent qui me semblent participer à la vraie vie.

Moi il me semble que j’ai toujours un temps de retard, que je suis avec les autres sans être parmi eux.

Que je n’arrive pas à suivre.

Et que je ne serai jamais comme eux.

Au fond, je suis seule. Mais je ne suis pas malheureuse de l’être.

Comme un ange des « ailes du désir », j’aime voir les gens incarnés heureux et vivre et j’aime imaginer que mes absents sont avec moi.

Je suis en vacances….

La rentrée a sonné pour beaucoup.

Pas encore pour moi.

Je suis en vacances.

La paresse m’a vite amollie.

Je suis en vacances.

Je marche, je visite, je repars, je reviens, je baguenaude, je fais tout dans le désordre.

Je suis en vacances.

J’aime cet étirement du temps.

Je suis en vacances.

Cela ne pourra pas durer mais qu’est-ce que c’est bien.

Succès de larmes.

Vous connaissez Hubert Mounier?

C’était le chanteur de l’affaire Louis Trio. il a chanté en groupe puis en solo.

Il se donnait une drôle d’allure mais certaines de ses chansons sont des bijoux.

Je l’aimais beaucoup. Puis je l’ai perdu de vue, comme on peut s’éloigner parfois d’un ami sans s’en rendre compte.

J’ai redécouvert le succès de larmes cet après-midi.

Je me suis sentie toute enveloppée.

Une madeleine de Proust auditive.

Lettre aux absents

A mes chers absents. A mes chers d’avant.

Famille, amis, amants….

Vous avez pris un morceau de moi pour l’emporter dans votre oubli.

Je garde une part de vous. Lumineuse mais tout au fond de moi.

Le souvenir de vos sourires, de nos joies partagées, de ces moments qui nous ont uni, banals ou pas est comme une blessure dont je refuse de guérir.

Vous me manquez toutes et tous.

Je vous aime.

Cahiers intimes

Très longtemps, je me suis épanchée sur le papier.

J’écrivais pour me délivrer ou parfois aussi notamment après une rupture douloureuse pour continuer à m’accrocher, à ressentir ce qui n’était plus.

Je m’enroulais dans une histoire finie comme pour en revivre indéfiniment le souvenir, même celui de la douleur de la séparation.

Dans les moments de crise, ils étaient ma béquille.

Dans les moments heureux , je m’envolais en écrivant.

Je ne me méfiais pas. je faisais confiance à mon entourage pour respecter le secret de mes cahiers.

J’avais tort. On les a cherché et on les a lus.

Cela a eu une répercussion importante dans ma vie.

Et je me suis sentie abusée, salie, trompée.

C’était il y a longtemps de cela.

Depuis, je n’ose plus tenir de carnet ou de cahier. Je crains qu’on les lise.

Et paradoxalement, j’écris ici pour être lue….

Laurent

Tout est venu de cette question posée l’autre jour : « et si tu meurs avant moi qui veux tu que je prévienne? »

J’ai repensé hier au petit ami que j’avais eu à mes 20 ans. Je l’avais quitté car il s’était montré trop jaloux. Trop comme son papa (qui pouvait être odieux). Trop sombre. Trop ceci. Pas assez cela…C’est toujours ainsi qu’on chercher à justifier les ruptures.

Je sais que je l’avais blessé.

J’en étais désolée.

Il avait dit alors comme une boutade « rendez-vous dans 10 ans ».

10 ans après notre rupture, je n’ai pas eu de ses nouvelles. Il avait dû trouver son équilibre. J’en étais heureuse. Moi même je venais d’être maman et je l’imaginais avec une jeune femme qui savait l’aimer mieux que moi.

Il n’empêche…. De loin en loin, je me demandais parfois ce qu’il devenait.

Je trouvais surprenant avec internet et toutes les applications diverses, de ne pas retrouver de traces de son activité en faisant des recherches sur son nom.

Et puis ce soir, j’ai compris.

Il est décédé en 2007. Il avait 36 ans.

Il en aurait 51 aujourd’hui.

Il m’avait appris l’aquarelle.

Je lui en serais toujours redevable.

Les pensées.

Elles accompagnent et enveloppent.

Elles brouillent la perception du réel parfois.

Comme une brume collante.

Elles ne nous quittent pas.

En un sens, on ne veut pas les quitter.

Avoir ces pensées, c’est être là et ailleurs à la fois.

C’est être là sans y être.

Diablesse Rouge

Je vais perdre des fans.

Je vais avouer que je regarde les matchs de l’euro de foot.

Cela m’amuse.

Et l’euro comme la coupe du monde, c’est facile à suivre : c’est les Pays Bas contre la Belgique, la Suisse contre les Italiens…

Pas la peine d’être super forte en connaissance des équipes.

Et on a tous des amis un peu partout en Europe, ou plus proches et originaires du Portugal ou d’Espagne et on regarde et surtout on commente ensemble. Et je trouve cela plein de vie et très drôle.

Hier, la Belgique (la Belle Chic) a battu les finlandais 2 à 0.

Honneur aux belges (le mérite revient surtout aux joueurs, cela dit) avec une Diablesse Rouge.

Grosse fatigue.

Est-ce la chaleur? La sortie de crise sanitaire? Les changements au niveau du boulot?

J’avais pas de jus ce soir.

J’ai conduit un peu comme un automate pour rentrer. Cela m’a un peu fait peur. La route est longue et sinueuse.

J’ai alors tenté de redoubler d’attentions. Mais le coton chloroformé de la fatigue m’enveloppait assez vite entre 2 sursauts de vigilance relative.

J’ai fait quelques courses avant de rentrer. La climatisation du supermarché faisait du bien. Malgré tout et surtout malgré une liste précise de choses à acheter, j’errais dans les rayons.

Je pouvais rester 5 minutes sans bouger à me poser des questions existentielles : quel fromage blanc vais-je acheter? Le blanc ou le blanc? Le traditionnel ou le lisse?

Puis me rendre compte que j’avais oublié quelque chose et revenir en arrière.

Une chose est sûre : écrire mes aventures depuis mon lit m’est tout particulièrement doux ce soir.

Bonne nuit!!!

Dans mon coeur une grenade.

Ma fille est formidable.

Je le dis en toute objectivité. N’imaginez pas une seconde que c’est à cause de mon sang de maman méditerranéenne que je l’écris. Que nenni!

Ma fille a peint une grenade. Et je l’adore.

Petite, elle dessinait souvent. Mais plus grande, elle avait laissé de côté les feutres et les aquarelles.

De retour à la maison ces derniers jours pour une partie de l’été, elle a pris un carnet et à commencé à dessiner dedans.

Aujourd’hui elle dessiné une grenade.

C’est son deuxième dessin dans ce carnet.

Elle l’a pris en photo et me l’a envoyé quand j’étais au travail.

Et pour moi, cela a été une explosion.

J’ai trouvé cette grenade magnifique, magique.

Une explosion sous mon sein gauche.

En plein dans mon coeur.

Je suis tous ceux que j’ai rencontrés.

Petite phrase d’E. Morin entendue ce soir et qui me plaît beaucoup.

Pour faire qui je suis aujourd’hui, il a fallu des années de personnes rencontrées et aimées (beaucoup ou pas du tout).

A travers ceux que j’aime, il y a toutes leurs rencontres et toutes leurs histoires.

Les dessins de ce soir sont des aquarelles avec un soupçon d’encre de Chine.

Il y a déjà quelques années, je dessinais des invisibles. Là, j’ai envie de les baptiser les transparentes.

Argentique.

Petit essai ce soir d’encre de Chine sur des tirages de photos argentiques voilées-ratées, développées près de 10 ans en retard.

On ne se rend pas bien compte, mais le dessin semble prendre un reflet et un relief qui lui donne un soupçon d’âme.

Lire ou écrire…

Je me couche, épuisée par cette semaine assez longue et difficile et cette journée un peu trop remplie.

Peut-être aussi par ma reprise de footing en pleine chaleur.

Quelle idiote de partir courir à 11h50!

Mais quelle douleur et quel bonheur cela a été.

Je pesais une tonne.

J’avais chaud (normal: il faisait chaud).

Je me faisais moi même pitié.

Les bois étaient si verts et denses. Je ne reconnaissais pas les petits bois un peu faméliques de l’hiver dernier.

Un papillon m’a accompagnée quelques secondes. Je me suis régalée de voir des cystes cotonneux (maintenant je sais les reconnaître).

Cela faisais plus de 15 jours que je n’avais pas couru.

J’ai un peu souffert.

Mais j’y suis arrivée.

Alors ce soir je préfère écrire que lire avant de m’effondrer de sommeil et raconter ma petite vie insignifiante.

Mais vous m’aviez caché ça!

« Vous m’aviez caché cela! Mais c’est beau ce que vous faites! »

Ma voisine qui tient une boutique de bijoux juste en face de la porte de mon immeuble m’interpelle.

Elle a vu mes dessins presque par hasard sur Instagram, car le nom de mon site commence par Garance (est le nom d’une fleur) et que cela lui rappelait une marque de bijoux.

Bref, elle est allée dessus.

Puis elle a vu ma bobine.

Et elle a compris.

J’étais toute rose.

Heureuse que mes dessins lui plaisent.

Je lui ferai un colibri.