Dans mon coeur une grenade.

Ma fille est formidable.

Je le dis en toute objectivité. N’imaginez pas une seconde que c’est à cause de mon sang de maman méditerranéenne que je l’écris. Que nenni!

Ma fille a peint une grenade. Et je l’adore.

Petite, elle dessinait souvent. Mais plus grande, elle avait laissé de côté les feutres et les aquarelles.

De retour à la maison ces derniers jours pour une partie de l’été, elle a pris un carnet et à commencé à dessiner dedans.

Aujourd’hui elle dessiné une grenade.

C’est son deuxième dessin dans ce carnet.

Elle l’a pris en photo et me l’a envoyé quand j’étais au travail.

Et pour moi, cela a été une explosion.

J’ai trouvé cette grenade magnifique, magique.

Une explosion sous mon sein gauche.

En plein dans mon coeur.

Je suis tous ceux que j’ai rencontrés.

Petite phrase d’E. Morin entendue ce soir et qui me plaît beaucoup.

Pour faire qui je suis aujourd’hui, il a fallu des années de personnes rencontrées et aimées (beaucoup ou pas du tout).

A travers ceux que j’aime, il y a toutes leurs rencontres et toutes leurs histoires.

Les dessins de ce soir sont des aquarelles avec un soupçon d’encre de Chine.

Il y a déjà quelques années, je dessinais des invisibles. Là, j’ai envie de les baptiser les transparentes.

Argentique.

Petit essai ce soir d’encre de Chine sur des tirages de photos argentiques voilées-ratées, développées près de 10 ans en retard.

On ne se rend pas bien compte, mais le dessin semble prendre un reflet et un relief qui lui donne un soupçon d’âme.

Lire ou écrire…

Je me couche, épuisée par cette semaine assez longue et difficile et cette journée un peu trop remplie.

Peut-être aussi par ma reprise de footing en pleine chaleur.

Quelle idiote de partir courir à 11h50!

Mais quelle douleur et quel bonheur cela a été.

Je pesais une tonne.

J’avais chaud (normal: il faisait chaud).

Je me faisais moi même pitié.

Les bois étaient si verts et denses. Je ne reconnaissais pas les petits bois un peu faméliques de l’hiver dernier.

Un papillon m’a accompagnée quelques secondes. Je me suis régalée de voir des cystes cotonneux (maintenant je sais les reconnaître).

Cela faisais plus de 15 jours que je n’avais pas couru.

J’ai un peu souffert.

Mais j’y suis arrivée.

Alors ce soir je préfère écrire que lire avant de m’effondrer de sommeil et raconter ma petite vie insignifiante.

Mais vous m’aviez caché ça!

« Vous m’aviez caché cela! Mais c’est beau ce que vous faites! »

Ma voisine qui tient une boutique de bijoux juste en face de la porte de mon immeuble m’interpelle.

Elle a vu mes dessins presque par hasard sur Instagram, car le nom de mon site commence par Garance (est le nom d’une fleur) et que cela lui rappelait une marque de bijoux.

Bref, elle est allée dessus.

Puis elle a vu ma bobine.

Et elle a compris.

J’étais toute rose.

Heureuse que mes dessins lui plaisent.

Je lui ferai un colibri.

Écrire.

Écrire, beaucoup ou peu mais écrire toujours car ce monde nous avalera sans pitié si nous perdons la raison avec lui.

Écrire aide si bien à se poser à se retrouver à se découvrir à dire à partir à garder ses 2 pieds au sol à avoir la tête dans les nuages…

Écrire, c’est être et ne pas être.

Quand j’écris je me sens exister. Être humaine.

3 crayons de couleurs

Quelques feuilles de dessin basiques. Des feuilles comme on en demande au collège dans les cours de dessin.

Je les ai achetées tout à l’heure. Au supermarché express du coin.

Des crayons aquarelle. Ceux qui sont restés au fond d’un tiroir depuis 4 ans au moins. Un porte-mine. Un pinceau. J’ai oublié de prendre une gomme ou un taille crayon.

Et vite, se lâcher et tracer un dessin. Vite! Vite!

Et se sentir mieux ensuite.

Putain, bordel…. J’ai 51 ans ce soir.

C’est une belle histoire

Enfin, j’espère. On appelle cela une story.

C’est une nouvelle façon de partager mes dessins.

Le dernier est d’ailleurs rempli de cœurs. Au départ, c’étaient juste des tâches d’aquarelle rouge vermillon.

Et puis en se diffusant et en séchant, le sein gauche paraît éclairé et les taches rouges ressemblent à des grands cœurs.

Gris et souris!

C’est un dessin qui a commencé comme une hésitation.

Une tache grise d’encre timide et diluée. Un essai pour faire surgir un visage…. hésitation. C’est loupé.

Je fais disparaître la tentative de dessin sous des coups de pinceaux.

La tâche grise a grandi.

Nouvel essai à 2 cm de la tache. Raté.

La tache s’agrandit encore et encore et encore. Jusqu’à occuper toute la feuille.

Et alors avec de l’encre un peu plus noire, je gribouille un buste.

Les beaux jours

Joli film de Marion Vernoux.

J’avais peut-être même fait un article sur ce film quand je l’avais vu au cinéma.

Laurent Laffite en jeune amant séducteur et séduit est formidable. Il est capable de déclarations magnifiques, sensibles en gardant de la pudeur et un abord un peu abrupt.

Je l’avais adoré.

Patrick Chesnais, émouvant digne et juste.

Et Fanny Ardant, solaire (trop facile de dire Fanny Ardant, Ardante).

Le film est baigné de belles lumières, de bords de mer réjouissants.

Les cheveux ne restent jamais bien longtemps en place, bousculés par le vent ou par l’amour.

Tous les personnages principaux irradient d’amour.

L’amour est partout.

Même le spectateur tombe amoureux.

Revoir ce film à la télé m’a fait un immense plaisir.

Mieux : un bien fou.

Baskets

Pendant longtemps on a voulu faire croire que les baskets ne rimaient pas avec féminité. Et que ce n’étaient pas des chaussures dignes de ce titre (tout comme les ballerines).

Et j’y ai cru.

J’ai porté des années et des années des chaussures incroyables, avec des talons de toutes sortes. Elles devaient être des quasi sculptures uniques et inoubliables.

Uniques, elles l’étaient peut-être.

Inoubliables, elles l’étaient sûrement toute la journée, tant elles pouvaient faire mal.

Et puis, à force d’avoir mal,

de voir des baskets sur d’autres, dans les boutiques et d’entendre que c’était à la mode, j’ai tenté l’expérience.

Sans regrets

Ne plus avoir mal est si reposant.

Et je n’ai pas l’impression de nuire à ma féminité. Au contraire, cette absence de douleur lui permet de s’exprimer.

Ce soir, on ne le voit pas bien mais la fille de mon dessin porte des baskets.

Moins une.

J’avais prévu de déchirer et jeter ce dessin.

Et puis ma fille m’a demandé :

– Tu en fais quoi?

– Tu le veux?

– Oui il me plaît bien.

C’était moins une.

Et voilà comment et pourquoi je partage un dessin que j’allais jeter.

Bonsoir, bonsoir,

« Bonsoir, bonsoir » dit elle un peu gênée de son retard.

Elle posa ses affaires négligemment.

Partit se servir un verre d’eau.

But avec un soupir.

S’essuya le front avec la paume de sa main pour se trouver une contenance et lisser les soucis.

Elle faisait trop de gestes, comme pour occuper soudain l’espace.

Comme pour occuper l’esprit de gestes et pas de questions.

Comme si la vie se glissait dans ses membres, dans ses artères, dans ses veines et ordonnait ses mouvements.

Fusain

J’ai recommencé à dessiner il y a quelques années (pas loin de 8/9 ans) avec du fusain.

J’ai voulu ce soir voir où j’en était avec ce médium.

Comment allais je m’y prendre? Mon dessin de ce soir allait il être comme ceux d’avant?

J’étais curieuse et prête à me laisser porter, voir où mes envies allaient me mener.

Et le dessin de ce soir est à la fois proche et différent des dessins au fusain d’avant.

Comme on retrouve les traits de l’enfant d’avant sous les traits d’une personne âgée.

Rainbow Warrior

Je suis allée faire un footing ce matin.

Pas loin de chez moi, dans un petit bois qui fait le tour d’une colline il y a un parcours de 5km.

Tout le monde connaît ce coin pour courir ou se promener.

On y croise toujours du monde et en en tant que joggueuse amatrice je me sens en sécurité.

Ce matin vers 11h, le parking des voitures des coureurs et des promeneurs était bondé.

Le parcours est varié avec des montées et des descentes plus ou moins brutes tout le long.

J’avais décidé d’en faire 2 tours.

J’y suis arrivée la dernière fois et la fois d’avant.

Ok, je suis moins en forme cette semaine mais avec un brin de volonté…..

Hé ben…..

Il m’en a fallu de la volonté. Mes pieds pesaient une tonne, je le sentais lourde, lente, un peu ridicule.

Et le bruit de ma respiration difficile n’arrangeait rien.

Mais j’ai réussi!

Et à 12h20 quand j’ai terminé, il n’y avait plus que 2 voitures, dont la mienne, sur le parking.

I am a warrior de l’inutile à petite échelle.