Covid

Je croyais pouvoir y échapper : 2 vaccinations et un rappel.

Et pouf, hier soir je rentre tard du travail.

J’ai un peu froid, je suis fatiguée.

Je mets cela sur le compte de la longue journée et de la pluie. Malgré tout je me trouve bien fatiguée pour un lundi soir!

La nuit veut affreuse. Froid. Courbatures. Je commence à avoir un doute. Et si j’avais le covid? Je me promets de faire un auto test le lendemain matin.

Je me lève difficilement. Le réveil m’agresse.

L’auto test n’est pas clair.

Est-ce que je vais travailler? Ce serait risquer de contaminer mes collèges.

Je file à une pharmacie pour un test.

Et là : « vous êtes super positive! ».

Et zut!

Une première journée passée à dormir et lire…. Au moins je retrouve du temps pour mon blog!

Le temps au temps

On a tant écrit sur le temps, celui qui court, celui qui s’arrête, celui qui nous échappe, celui qui nous pèse….

Il passe si vite.

Les histoires s’accumulent.

Hier, je l’embrassais.

Avant hier, je lui prenais la main.

Et encore avant, je le regardais et le voyais pour la première fois.

Je regarde un peu en arrière. Je vois la petite fille, la jeune fille, la jeune femme et jeune maman que j’ai été.

Et moi, maintenant? Je suis vieille il me semble. Je me transforme en fossile? 😉

Retour au calme

Après un changement de vie, de décor, de travail, de rythme, après avoir affronté la pluie sur la route, la nuit, la neige, ce soir, ce fut le retour au calme.

Un jour de télétravail brumeux où j’ai pu sortir courir le long du Rhône, délaisser ma voiture et me retrouver ce soir au calme avec mon chat à peindre et regarder des bêtises à la télé.

C’était bien.

J’en avais besoin.

Nuit

Je roule la nuit.

La route brille, mouillée sous la pluie, éclairée par les phares des voitures d’en face.

Je suis fatiguée. Cela fait déjà 3h que je conduit.

Il y a de la neige dans les champs. Il fait froid dehors. J’ai peur que la température baisse encore et que du verglas se forme sur la route.

Je ne parviens pas à reconnaître les lieux.

Je ne sais plus où je suis.

Et il y a si peu de panneaux pour savoir si je suis dans la bonne direction.

Je suis finalement arrivée à bon port. J’en suis presque la première surprise.

Artiste

Il était un artiste, un vrai, allant au bout de ses convictions.

Il aimait l’aquarelle même si c’est parfois dénigré.

Il ne cherchait pas à être dans l’air du temps.

Il avait les diplômes pour être designer. Il avait exercé un temps. Un temps très court. Le temps de se rendre compte qu’être au service de , c’est parfois s’adapter, se courber, s’abaisser.

Il traînait toujours cette mélancolie dépressive derrière une faculté à faire rire les gens.

Quand il était avec moi, il était soi formidable soit odieux.

Je l’aimais.

Je l’avais quitté sans me retourner quand j’ai eu peur de dépérir et d’étouffer.

Il m’avait promis un rendez vous dans 10 ans.

Son suicide m’en a privée.

Il m’a privée de ces retrouvailles et des explications qu’on aurait pu fournir au sujet des adolescents que nous étions alors, de l’homme de la femme que nous serions devenus.

Il restera à jamais un jeune homme.

Mieux : un artiste.

Encrée

Ce soir, je décide de faire de prochains dessins sur un format plus grand.

Je pourrai ainsi l’année prochaine exposer dans un salon pour amateurs et mieux mettre en valeur mes dessins.

Parce qu’il est vrai que lorsque le format du dessin est petit, les créations voisines des autres participants paraissent l’écraser encore plus et le rapetisser.

Terre de couleur

Un week-end formidable du côté de la Provence. Un petit tour à Roussillon et s’émerveiller encore une fois devant ses ocres.

Le ciel de Novembre était d’un bleu pur.

Les couleurs de l’automne encore accrochées aux branches des arbres.

Le soleil, un peu rasant, doré, achevait de donner des couleurs époustouflantes.

J’ai ramené de la terre d’ocre dans mes bagages. J’apprendrai à l’utiliser.

Et ce soir, mon aquarelle parle de contrastes et de lumières. Pleins de lumières.

Poil de poney

Je suis en déplacement à Paris.

J’ai emmené un petit carnet et des godets d’aquarelle.

Mais mon cœur n’a fait qu’un tour en remarquant que j’avais oublié de prendre un pinceau.

Je suis sortie aussi vite que possible, direction la première supérette à croiser pour en acheter.

J’ai trouvé mon bonheur. Pas cher. 5 pinceaux pour moins de 3€.

Mais c’était la première fois de ma vie que j’achetais des pinceaux en poils de poney.

Rien d’extraordinaire, ils ne sont pas « oufs » mais ce n’est pas grave : ils ont fait le « taf » ce soir.

C’est le principal!

Métamorphose

Demain sera bien différent d’aujourd’hui pour moi.

Je change de travail, de département, de maison….

Le soir quand je rentrerai la maison sera pleine de vie. Je ne serai pas seule avec mon chat.

C’est le temps des métamorphoses… Façon Goldorak ou femme chocolat (cf la chanson d’Olivia Ruiz)?

Pinktober

Sur Instagram je tente à nouveau cette année le challenge Inktober : chaque jour d’octobre un dessin à l’encre de Chine sur un sujet donné. Je l’avais déjà tenté l’an dernier.

Il existe une liste des sujets officiels. Ils sont très variés voire parfois improbables à mon sens (ex : croustillant ou ventilateur).

L’an dernier, j’étais disciplinée et j’essayais de tout faire comme il faut : un dessin par jour sur le thème imposé.

Cette année, très vite, je me suis écartée de la règle. Il m’arrive de faire 3 dessins un soir et rien pendant 3 jours.

Et je ne regarde quasiment plus les thèmes imposés. J’ai même plutôt tendance à dessiner, puis à regarder ensuite les thèmes pour voir si ça matche. Et si cela ne matche pas, tant pis.

Mais globalement comme je dessine des femmes avec leurs formes et leurs seins je me dit que c’est mon challenge pinktober, mon challenge octobre rose.

A l’homme des bois

Ton papa te surnommait l’Homme des Bois à cause de ton prénom.

Je voulais te dire merci.

Merci de m’avoir expliqué de quoi était décédé ton frère et de m’avoir parlé de sa vie.

J’ai toujours autant de peine à avoir perdu tout espoir de le revoir un jour pour parler et faire le point sur nos parcours respectifs.

Mais j’ai aussi mesuré, tout ce que je lui devais : l’aquarelle, la photo, l’ouverture sur des influences pop, rock, zen…..

Et il m’accompagne maintenant.

Comme une présence.

Du bonheur

Du bonheur d’être avec ses enfants (et le compagnon de la plus grande que j’aime bien).

J’ai eu le cœur enflé de les voir tous les 3, mon Puceron, ma Pucette et son amoureux, devant moi, dans les rues de Romans, le soir, à la lumière des réverbères.

J’en aurais eu les larmes aux yeux.

Cela fait si longtemps que nous n’avons pas tous été réunis.

Ce week-end comme on envisage de fêter les 81 ans de mon Papa, les 2 enfants sont là en même temps.

Ils sont si grands maintenant, si beaux.

Il est si agréable de rire avec eux.

Ce soir, je ne suis pas de ce monde. Je suis au dessus.

La fantôme.

J’ai l’impression parfois que je passe dans la vie comme un fantôme.

Je suis ici et ailleurs à la fois.

Je côtoie des gens adorables qui rient qui ont des soucis qui vivent qui me semblent participer à la vraie vie.

Moi il me semble que j’ai toujours un temps de retard, que je suis avec les autres sans être parmi eux.

Que je n’arrive pas à suivre.

Et que je ne serai jamais comme eux.

Au fond, je suis seule. Mais je ne suis pas malheureuse de l’être.

Comme un ange des « ailes du désir », j’aime voir les gens incarnés heureux et vivre et j’aime imaginer que mes absents sont avec moi.

Je suis en vacances….

La rentrée a sonné pour beaucoup.

Pas encore pour moi.

Je suis en vacances.

La paresse m’a vite amollie.

Je suis en vacances.

Je marche, je visite, je repars, je reviens, je baguenaude, je fais tout dans le désordre.

Je suis en vacances.

J’aime cet étirement du temps.

Je suis en vacances.

Cela ne pourra pas durer mais qu’est-ce que c’est bien.

Succès de larmes.

Vous connaissez Hubert Mounier?

C’était le chanteur de l’affaire Louis Trio. il a chanté en groupe puis en solo.

Il se donnait une drôle d’allure mais certaines de ses chansons sont des bijoux.

Je l’aimais beaucoup. Puis je l’ai perdu de vue, comme on peut s’éloigner parfois d’un ami sans s’en rendre compte.

J’ai redécouvert le succès de larmes cet après-midi.

Je me suis sentie toute enveloppée.

Une madeleine de Proust auditive.

Lettre aux absents

A mes chers absents. A mes chers d’avant.

Famille, amis, amants….

Vous avez pris un morceau de moi pour l’emporter dans votre oubli.

Je garde une part de vous. Lumineuse mais tout au fond de moi.

Le souvenir de vos sourires, de nos joies partagées, de ces moments qui nous ont uni, banals ou pas est comme une blessure dont je refuse de guérir.

Vous me manquez toutes et tous.

Je vous aime.

Cahiers intimes

Très longtemps, je me suis épanchée sur le papier.

J’écrivais pour me délivrer ou parfois aussi notamment après une rupture douloureuse pour continuer à m’accrocher, à ressentir ce qui n’était plus.

Je m’enroulais dans une histoire finie comme pour en revivre indéfiniment le souvenir, même celui de la douleur de la séparation.

Dans les moments de crise, ils étaient ma béquille.

Dans les moments heureux , je m’envolais en écrivant.

Je ne me méfiais pas. je faisais confiance à mon entourage pour respecter le secret de mes cahiers.

J’avais tort. On les a cherché et on les a lus.

Cela a eu une répercussion importante dans ma vie.

Et je me suis sentie abusée, salie, trompée.

C’était il y a longtemps de cela.

Depuis, je n’ose plus tenir de carnet ou de cahier. Je crains qu’on les lise.

Et paradoxalement, j’écris ici pour être lue….

Laurent

Tout est venu de cette question posée l’autre jour : « et si tu meurs avant moi qui veux tu que je prévienne? »

J’ai repensé hier au petit ami que j’avais eu à mes 20 ans. Je l’avais quitté car il s’était montré trop jaloux. Trop comme son papa (qui pouvait être odieux). Trop sombre. Trop ceci. Pas assez cela…C’est toujours ainsi qu’on chercher à justifier les ruptures.

Je sais que je l’avais blessé.

J’en étais désolée.

Il avait dit alors comme une boutade « rendez-vous dans 10 ans ».

10 ans après notre rupture, je n’ai pas eu de ses nouvelles. Il avait dû trouver son équilibre. J’en étais heureuse. Moi même je venais d’être maman et je l’imaginais avec une jeune femme qui savait l’aimer mieux que moi.

Il n’empêche…. De loin en loin, je me demandais parfois ce qu’il devenait.

Je trouvais surprenant avec internet et toutes les applications diverses, de ne pas retrouver de traces de son activité en faisant des recherches sur son nom.

Et puis ce soir, j’ai compris.

Il est décédé en 2007. Il avait 36 ans.

Il en aurait 51 aujourd’hui.

Il m’avait appris l’aquarelle.

Je lui en serais toujours redevable.